Réflexions sur le cinéma

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Lundi 7 Juin 2017
Alors que les membres du jury de l’épreuve d’esthétique de l’oral de l’agrégation de philo m’invitaient à me demander le vendredi 2 Juin 2017 si le cinéma est un art populaire, je m’aperçois que Duras est en train de réaliser sa prophétie lancée par la dame du Camion (en 1976) “Que le cinéma aille à sa perte c’est le seul cinéma, que le monde aille à sa perte c’est la seule politique”.
Quatre décennies plus tard, dans le treizième, entre deux complexes UGC, les films de Duras sont en train de mourir à la bibliothèque du film de la cinémathèque française (certains – comme le Navire Night– ne sont effectivement jamais sortis en DVD, encore moins en bluray, il faut les rembobiner à la main sur de vieilles VHS usées jusqu’à la moelle). Le plus incroyable dans tout ça c’est que des thèses continuent d’être soutenues sur son cinéma, comme me le disait l’employée de la cinémathèque après de nombreuses manipulations difficiles pour rembobiner la VHS (on y passe presque plus de temps qu’à la visionner).
Ironie du sort : elle qui voulait un cinéma “déclassé” mais qui ne fût que jamais – et encore bien rarement – seulement projetée dans le cinquième arrondissement, ce qu’elle déplorait, se retrouve prise comme un insecte prise dans une vieille toile l’ayant déjà condamnée à une mort certaine. Ironie renforcée par le fait que cela se passe entre deux toiles de grands complexes :
De mes contemporains? Oui. Il n’y a pas que la femme du Camion qui est déclassé : le film est déclassé. On ne pourra pas me dire : “tu parles d’un lieu bourgeois”. De ces lieux-là, avec l’information actuelle, tout le monde peut en parler. Tout le monde peut voir ce que je vois. J’ai le sentiment dans le film d’être à égalité avec tout le monde. Je voudrais bien que Le Camion sorte dans des salles populaires. Pas seulement dans le Vème.”
(Le Camion, entretiens avec Michelle Porte,  Editions de Minuit, 1977)
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Jeudi 27 Juillet 2017
Que peut être le cinéma pour une âme en peine?
Un asile, une église. Un lieu où se retrouver et exister à travers d’autres.
Il faut croire en la kinothérapie.
Il y a ces jours où l’on est capable d’enchaîner 2,3 voire 4 séances lorsque la temporalité y est favorable. Il y a ces jours où le cinématographe vient habiter notre homme intérieur et où l’on se confond parfaitement avec le sujet du film.
Le soir, dans le métro qui nous ramène vers notre logis, les phrases des personnages dites par les acteurs tournent en boucle dans notre esprit comme si elles étaient nôtres et que la séance les avait fait sortir de l’oubli.
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Samedi 9 septembre 2017 (22h15)
C’est dans sa polysémie que le cinéma délivre son paradoxe : il est à la fois un lieu et un art. Un lieu dans lequel une oeuvre peut se dévoiler. L’obscurité, le silence (relatif) donne un espace de représentation qui importe à l’oeuvre montrée sur l’écran. Il est important d’oublier que le cinéma est aussi cet espace de représentation et non seulement un dispositif. L’expérience cinématographique n’étant possible que dans cet espace là.
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Mardi 19 septembre 2017 (8h19)
XXème siècle, même ambition = le roman dans le roman et le cinéma dans le cinéma.
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Mardi 17 octobre (10h51)
Le cinéma comme lieu de contemplation en images. Certains prient avec des icônes.
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