Et le rideau sur l’écran est tombé

isaweverything

Bonjour et bienvenue,

Vous êtes sur un site de chroniques/critiques de cinéma rédigées par étudiant/enseignant passionné par la philosophie et les lettres et qui aime se rendre très régulièrement dans les salles obscures parisiennes (et occasionnellement ailleurs voire même à l’étranger, dans les salles du monde entier lors de mes voyages). Le cinéma est avant tout pour moi une expérience personnelle fondamentale qui m’est très tôt devenue vitale et essentielle en tant qu’elle m’a permis un véritable ancrage dans le monde par toutes les déclinaisons possibles de ses visions. En ce sens, je considère la séance de cinéma comme un événement à part entière, parce que bien que pouvant être sans cesse renouvelé, il demeure toutefois unique dans la mesure où il reflète quelque chose de nos vécus intimes de manière universelle et atemporelle. Je vois ainsi dans l’expérience cinématographique, une possibilité de concilier la subjectivité à l’objectivité et d’être en dialogue avec l’oeuvre. Cette expérience, j’entends la prolonger par l’écrit.

C’est cette dimension événementielle de l’expérience cinématographique que j’ai envie de faire partager à travers mes critiques en restituant quelque chose de la coloration particulière que le cinéma donne à nos vécus intérieurs et extérieurs, précisément parce qu’il naît par l’arrêt de la caméra sur ces vécus en les prenant pour objet à part entière. Il y a ainsi quelque chose de l’ordre de l’intentionnalité -du noème- qui m’est cher dans la démarche cinématographique.

Les cinéastes pour qui j’ai une affection toute particulière sont de façon non exhaustive : Michael Haneke, Quentin Tarantino, Larry Clark, Martin Scorcese, Gregg Araki, Terrence Malick, Bruno Dumont, Robert Bresson, Alain Resnais, Claude Chabrol, Chantal Akerman, Gus Van Sant, Joao Pedro Rodrigues, Joachim Lafosse, Derek Jarman, Wong Kar Wai, Bertrand Bonello, Arnaud Desplechin, David Lynch …en outre loin de m’arrêter au nom du cinéaste dans les choix de mes films, je suis ad contrario constamment à la recherche de nouvelles découvertes, c’est pourquoi j’apprécie tout particulièrement le cinéma dit « d’art et essai » et m’intéresse de près à l’actualité cinématographique depuis mes 12 ans (donc depuis environ 12 ans).

Et comme L’idiot de Dostoïevski (la figure du bouleversant prince Mychkine), je pense que « la beauté sauvera le monde ».

Pour finir, je vous remercie beaucoup de votre visite et du temps accordé pour lire mes critiques. Je me permets de citer une pensée de Peter Handke extraite de son ouvrage intitulé Le Poids du monde car il me semble que je pourrais contresigner ses mots:

« Aller au cinéma est devenu chez moi un besoin, presque après chaque film : léthargie et désespoir; un sentiment cafardeux ; moi et tous autour de moi nous ne sommes que des enveloppes mortelles (nous nous en allons tête basse) et pourtant dès le lendemain l’agitation me prend lorsque approche mon heure de cinéma. »

Jules

PS : j’écris également sur l’e-zine de cinéma Ecran Noir créé en 1996 et sur la rubrique cinéma du site de la revue culturelle Artéfact. N’hésitez pas à aller consulter mes chroniques sur ces deux autres supports si le coeur vous en dit.


 

Filmothèque_du_Quartier_Latin_Paris

Chaque jour, il entrait dans les petits cinémas de quartier pour voir sa vie se refléter sur grand écran à travers la variété des émotions et vécus qui y passaient de manière successive et les détails sur lesquels on s’arrêtait enfin. Ces séances étaient autant un refuge du monde qu’un accès au monde par une médiation qui lui convenait. Fantômes d’un autre temps ou de notre temps, c’était toujours une manière pour lui d’être en communication avec l’indicible de ce qui se jouait en secret dans l’intime universel et dans l’Histoire. Dans chaque film, il entendait ainsi murmurer à son oreille un « De te fabula narratur » comme secret d’une médiation essentielle de son ancrage dans le monde. Précisément parce que ce qui n’avait pas droit de cité dans « le monde de la vie » apparaissait alors devant lui et cette apparition était chaque fois un salut et une expérience nouvelle. Pour la bonne raison qu’ ici, ce même « monde de la vie », apparaissait avec un petit décalage et dans ce petit décalage il était rendu à lui-même en même temps que le monde lui était rendu – comme sien et comme possibilité d’un monde-avec (Mitsein). Ainsi, le temps du cinéma comme distensio animi le remettait en son lieu propre par une médi(t)ation contemplative. C’est pourquoi , au même titre que l’oraison est nécessaire aux gens du Carmel et aux religieux chrétiens, le cinéma l’était pour lui. Il faisait ainsi oraison dans les salles obscures pour être en connexion avec le monde tout entier jouissant de ces multiples visions du monde (Weltanschauungen) comme une extase mystique et quotidienne.

Aussi, il se plaisait à dire à qui voulait l’entendre :

« le cinéma est une expérience mystique ».

 

(Texte écrit le 12 Février 2017)

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2 réflexions au sujet de « Et le rideau sur l’écran est tombé »

  1. Ta façon de déposer tes avis est fluide et c’est agréable de découvrir ton impression sur les films que tu vois ! De plus, ça m’aide à choisir vers lequel m’orienter.

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