Once upon a time…in Hollywood

sharontate

RUSHES

Hollywood est un univers de possibilités infinies pour le meilleur et pour le pire ;le propre de cet univers étant de créer des rêves et de les briser mais c’est dans cette ambivalence entropique que se fomente son énergie singulière, comme en témoigne les deux héros ou anti-héros hollywoodiens, un acteur en perte de vitesse et son cascadeur. Ce sont ces deux extrêmes que Quentin Tarantino met ici en scène dans un film de trois heures qui s’avère être une déclaration d’amour au cinéma dans lequel la mise en abyme est partout. C’est également un film qui entremêle avec brio tous les genres (slashers, comédie, western…) pour donner au cinéma une unité et encore une fois faire l’éloge de sa nécessité dans nos vies en tant que c’est bien par lui que nous avons accès au réel.

Ainsi, j’ai adoré OUATIH un peu pour les mêmes raisons que j’ai adoré Under the Silver Lake sorti l’année passée à la même époque. A savoir, pour la nostalgie et l’intertextualité ultra stimulante qui s’en dégage en tant qu’elle tend à montrer que le septième art transcende les limites de l’époque et crée des liens. Les deux films ont également en commun une esthétique vintage des plus séduisantes et de recréer une réalité depuis leurs perspectives adoptées sur un monde qui leur échappe et dans lequel réalité et fiction doivent s’unir pour qu’ils puissent tirer leur épingle du jeu.

Ecrire, filmer, jouer, c’est d’abord créer un lien avec ceux qui nous ont précédé et ceux qui nous précéderont.  C’est également un film qui reprend le procédé de la mise en abyme (le cinéma dans le cinéma) et même une réflexion sur le septième art et ceux qui y gravitent ou rêvent d’en être (comme le personnage de Margot Robbie qui se présente comme une actrice du film pour rentrer gratuitement au cinéma « Bruin » d’Hollywood et pouvoir ainsi faire partie pleinement de cet univers durant quelques heures en se regardant jouer – profitant de la jouissance permise par la mise en abyme).

En regardant Once upon a time… on se dit la même chose à propos du cinéma que Duras disait de l’écriture « ça ne sauve de rien écrire ». Le cinéma ne sauve pas mais il est nécessaire puisqu’il est une manière d’inventer la vie plus que de la reproduire.

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