Le disciple

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ECCE HOMO

Le disciple est un film Russe réalisé par Kirill Serebrennikov et adapté d’une pièce du dramaturge allemand Marius von Mayenburg. Il met en scène un jeune homme, Veniamin, fasciné par les Écritures jusqu’à l’obsession et les citant à tout bout de champ. Cette Bible qu’il garde en permanence dans la poche arrière de son jean est devenue une arme de pouvoir pour manipuler son monde au prétexte de la foie et s’assurer une forme de domination. Si celle-ci apparaît bien peu subtil, les tensions que l’adolescent créent le sont en revanche beaucoup plus dans ce qu’elles permettent de révéler de la société comme hypocrisie. Nous voyons ainsi s’écharper différentes forces personnifiées tour à tour par une prof de biologie progressiste et évolutionniste, un pope orthodoxe, une directrice d’école pseudo héritière du stalinisme et prônant un autoritarisme machiavélien (sans croire une seule seconde aux principes qu’elle institue dans son établissement) et une mère dépassée par son adolescent lorsqu’elle-même vit avec les pieds bien sur terre en cumulant trois boulots.

La force du film tient au fait qu’il ne donne raison à personne mais explore jusqu’au bout ces tensions en montrant plutôt leurs antinomies internes qu’une solution qui serait de toute façon trop partiale, évitant ainsi l’écueil attendu qui consisterait à se contenter de dénoncer l’intégrisme religieux (d’ailleurs Véniamin veille justement à se maintenir en dehors de toute structure et refusera de rejoindre l’église lorsque le pope qui intervient au lycée l’y invitera). Ici, à partir de cet excès, ce sont paradoxalement tous les excès et absurdités de la société et l’impossibilité de les concilier qui apparaît dans des scènes souvent drôles pour les rapports exacerbés et les réactions des adultes forcément inappropriées face à cet adolescent perturbateur qui ne manque pas de charme et de talent pour manipuler son monde et qui finit par emporter l’adhésion du spectateur pour son jusqu’au boutisme, qui excède précisément toute morale religieuse par le perspectivisme sociétal qu’il provoque.

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