Moi, Daniel Blake

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CITIZEN KING

Que l’on apprécie ou non Ken Loach, il faut reconnaître qu’il est doué pour se glisser dans l’intimité des drames sociaux et nous y inviter en réveillant notre empathie, il l’a prouvé notamment avec le très beau Sweet Sixteen qui racontait l’itinéraire d’un jeune homme tentant de sauver ce qui est précieux : la fameuse part des anges, qui lui tient également à cœur, tant au sens littéral que métaphorique.

Moi, Daniel Blake, apparaît en ce sens comme une fable sociale très à-propos compte tenu de notre époque, pour sauver quelque chose de l’humanité perdue dans notre société éhontément cynique et souvent absurde -absurdité d’ailleurs parfaitement montrée ici par l’ironie caractéristique de Ken Loach dont on retrouve un condensé de toutes les thématiques sociales de son oeuvre- par le simple rappel qu’il suffit parfois pour ce faire de tourner son regard vers le prochain et lui porter secours à la mesure de ses moyens en faisant preuve d’inventivité plutôt que rester focalisé sur sa propre souffrance.

Cette palme d’or témoigne en définitive d’un beau choix humain dans la mesure où ce bel apologue dit finalement l’essentiel en retentissant pour le spectateur comme un appel teinté d’urgence à la charité et à l’humanité en nous rappelant à la réalité de notre finitude et en nous appelant à nous souvenir, pour ce faire, de la distinction kantienne fondamentale entre le prix et la dignité.

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