Bella e perduta

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AU HASARD, SARCHIAPONE

 Bella e perduta est un film empreint d’une grande sensibilité, réalisé par Pietro Marcello. Il se déroule dans une Italie rurale et désertique ; abandonnée. Cet abandon est symbolisé par le palais abandonné de Carditello dont un brave berger, Tommaso, est devenu le gardien bénévole, désespéré par le déclin de cette magnifique demeure que l’État italien a laissé se gangréner. A sa mort, Tommaso, lègue un bufflon trouvé et recueilli (qu’il prénomme Sarchiapone)  à un Polichinelle. Tous deux font route ensemble vers le Nord de l’Italie et les pensées du bufflon sont retranscrites par une voix off. Le procédé consistant à adopter le point de vue de l’animal qui apparaît finalement plus humanisé que les êtres humains (ou tout simplement plus sensible), n’est pas sans rappeler Au hasard Balthazar, l’un des plus beaux films de Robert Bresson.

L’impression d’une humanisation par le non-humain est d’ailleurs dédoublée par la figure masquée de Polichinelle qui refuse d’avoir l’apparence d’un homme par son costume et est sensé être en communication avec l’au-delà et accomplir les dernières volontés des personnes décédées. Il y a ainsi une émouvante « poétique de l’en allée » dans cette épopée italienne en dehors ou en amont du monde social et qui touche à quelque chose de l’éternel au cœur même de la finitude et de la dévastation.

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