The Danish Girl

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EN DANSK KVINDE

The danish girl relate l’histoire de la première femme transsexuelle à avoir subi une chirurgie de réassignation qui lui fût fatale mais qui était pourtant la seule solution pour qu’elle vive. C’est le paradoxe de cette scission entre la vie de l’esprit et la vie organique que Tom Hopper parvient à retranscrire avec une pudeur et une empathie remarquable dans ce bouleversant portrait de Lili Elbe (née Einar Elbe) qu’il dresse en lui prêtant les traits de l’acteur britannique, au physique androgyne, Eddie Redmayne. Ce dernier s’avère d’ailleurs extrêmement troublant dans ce rôle difficile, mais qu’il incarne pourtant à la perfection, celui d’une femme née dans le corps d’un homme qu’on peine cependant à percevoir comme un homme par son ambiguïté précédant la transformation. Ainsi, nous la voyons évoluer vers le seul destin possible pour elle avec sa fragilité et sa détermination. Sa volonté de faire s’incarner dans le réel son identité féminine fragile et la peur de la voir se briser en un éclat par une tombée du mauvais masque de la part d’un tiers qui a le pouvoir de tuer métaphoriquement Lili par un mot.

Ainsi, c’est au risque d’être brisée à chaque instant que cette femme s’avance et entre en scène avec retenue mais un bonheur intense dans cette fragilité. D’abord chez elle, à Copenhague, dans l’intimité, puis en public, à l’occasion d’un vernissage, puis et enfin dans le reste du monde avec ses crises de douleur et d’angoisse et avec tous les obstacles et abjections qui se dressent sur sa route. Sans doute sait-elle au fond d’elle qu’elle le sera nécessairement mais elle trouve son salut en s’ancrant dans les petits détails du quotidien qui fait son charme et réalise ainsi son essence de femme en prenant soin de ce qui est précieux à ses yeux et en focalisant son attention sur ce qui compte pour elle dans son désir de reconnaissance qu’elle place au-dessus de tout – même de la vie organique. Sa transition est aussi, en ce sens, celle qui fait passer de la vie biologique à la vie de l’esprit. Ainsi c’est avec cette conscience parfaitement hégélienne telle qu’elle est exprimée dans La phénoménologie de l’esprit. Celle qui est consciente que « la vie de l’esprit n’est pas celle qui recule d’horreur devant la mort et se préserve de la destruction, mais la vie qui porte, et se maintient dans la mort même, qui est la vie de l’esprit. L’esprit conquiert sa vérité qu’à condition de se trouver dans le déchirement le plus absolu. » que Lili s’avance dans cette voie en affrontant ses difficultés extrêmes et l’irréconciliable et avec une foi manifestement invincible.

En effet, ce déchirement le plus absolu, Lili le vit tragiquement et jusqu’aux situations-limites de l’existence – entre joie, angoisse et désespoir – en l’affrontant jusqu’à sa mort organique, juste après avoir trouvé la rédemption par une renaissance.

Aujourd’hui il ne reste plus d’elle que les tableaux que faisait son ex-épouse, une peintre du nom de Giedra Gottlieb. The danish girl est ainsi un superbe hommage à la mémoire de Lili, et de ce fait, un film d’une extrême lucidité et à la fois beau et important.

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