Le labyrinthe du silence

labydusilence

LA VERITE A TOUT PRIX

Le labyrinthe du silence est un film important, fort et subtil réalisé par Giulio Ricardelli. Il s’inspire de l’histoire d’un jeune procureur (Fritz Bauer) à la recherche de la vérité sur la Schoah dans une époque où où tout peuple allemand souhaite occulter un passé  lourd. Celui des camps de concentration et notamment d’ Auschwitz et des expériences qui y furent menées sur des sujets humains y compris des enfants entre autres atrocités.

La démarche de Ricardelli est intéressante aussi bien d’un point de vue historique qu’historial dans la mesure où parler de la Schoah est encore difficile aujourd’hui mais pas pour les mêmes raisons que celles exposées dans le film.En effet, beaucoup de gens pensent qu’il faut « passer à autre chose » parce que « ça ne finira jamais ». Le film a l’intelligence de montrer que ce qui a eu lieu dépasse de très loin une époque ou des faits identifiables dans le temps de l’histoire. Ainsi il y a ce bon morceau de phénoménologie populaire vers la fin alors que le protagoniste et un journaliste se rendent sur place pour dire le Kaddish pour deux fillettes juive :

Le journaliste : « que vois-tu? »

Le procureur : « Auschwitz »

Le journaliste : « Non, une prairie, des barbelés, des bâtiments… »

Ce retour aux choses-mêmes permet d’opérer l’époché (suspension) nécessaire permettant de prendre conscience de ce qui a eu lieu hors de cette thèse naturelle. C’est donc – paradoxalement – le retour à une naïveté qui permet de saisir la gravité et sa portée véritable puisque dépassant toute moralité des « devoirs de mémoire ». Avec cette méthode phénoménologique subtile, le réalisateur évite également toute intention « revancharde », ainsi le film s’achève sur un fondu au noir avant que le procès débute.

En définitive, une réalisation intelligente avec un beau sens de l’allégorie et une documentation historique solide permettent de considérer Le labyrinthe du silence comme l’un des meilleurs films existant sur la Schoah tant il rappelle souvent la finesse de l’analyse de Karl Jaspers et son idée de « responsabilité collective » développée dans La culpabilité allemande.

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