A la folie

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L’AMOUR FOU

A la folie est un documentaire de quatre heures qui nous enferme avec ses protagonistes d’un asile à ciel ouvert, situé dans une région pauvre de la chine. Les scènes sont répétitives et souvent très longues. Sans doute, l’immersion du spectateur ne pouvait-elle se faire qu’à ce prix. Car chacune nous fait un peu plus pénétrer dans cet univers particulier, au point qu’on se sent devenir peu à peu nous-mêmes un résident par l’intrusion intime à laquelle nous sommes conviés. Ainsi nous nous trouvons inévitablement en  empathie avec eux -à l’instar du réalisateur qui saisit son sujet d’une manière très minkowskienne par sa capacité à investir le récit dans un temps vécu et à relater des expériences tangibles-, on s’immerge dans les petits détails de leur vie quotidienne de ses frustrations à ses petites joies jusqu’à l’espérance libératrice lorsqu’elle parvient à s’exprimer dans cet univers. Par cette immersion, on comprend de manière intime leurs attentes et leurs douleurs au point, en effet, de presque les ressentir physiquement nous-mêmes tant la précision du cinéaste et son sens du détail nous permettent de cerner chacun des résidents. Wang Bing n’a pas que le sens du détail, il a également le sens de l’anecdote à tel point qu’il parvient à rendre profond de signification le moindre fait qu’il filme, délivrant l’extraordinaire caché sous l’anodin juste en s’y arrêtant. Par cet arrêt, quelque chose apparaît nous faisant voir ce sur quoi nous passons habituellement. En cela il y a quelque chose d’incroyablement poétique dans son documentaire puisque du quotidien surgit ce qui s’y oppose et tient à l’irréductibilité de la vie humaine à l’enfermement et ses règles. L’amour, la joie, la violence, l’attente, l’espoir, le refus. Il en reste une impression de transport surprenante et des plus inattendues dans un tel contexte.

Au final, on ressort avec une impression forte de ce voyage dans une société d’hommes différents ou exclus -de la vie active et de la société des gens soit-disant normaux-, rendu possible par un travail manifestement respectueux de la part du réalisateur qui donnent à voir et connaître ceux que l’on cache habituellement. Touchant et important.

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