Juliette

Juliette


SINGULIÈRE LIBERTÉ

A vingt cinq ans, Juliette est une jeune femme parisienne qui fait plus jeune que son âge, qui ne s’est pas encore posée et ne semble pas le vouloir. Ses errances amoureuses et en nightclub traduisent un désordre intérieur malgré la sérénité apparente qu’elle aime à montrer, sous ses allures hippie-rock et son désir affirmé de liberté fantasque, Juliette est en fait une éternelle adolescente, perdue, fragile et angoissée.

Quelle angoisse? Choisir. Juliette a le sentiment que choisir c’est perdre sa liberté et…elle panique. Par conséquent elle ne choisit rien et continue d’errer. Cette inquiétude sous foncière de l’obligation du choix la hante cependant, alors elle se bat corps et âme contre la décision pour se garantir ce qu’elle croît être un espace de liberté. Son absence de déterminisme est en fait un piège d’angoisse qui l’empêche d’envisager tout avenir. Il est assez peu commun de pouvoir dire aussi clairement quelque chose de fondamentale sans passer par le langage, ici filmer l’héroïne suffit pourtant à nous le faire comprendre.

Le film a été critiqué, il manque de rythme, il se répète, tourne un peu en rond… certes. Ces répétitions traduisent cependant assez bien le mécanisme dans lequel est pris Juliette dans son rapport à l’existence et aux autres permettant ainsi de révéler son dysfonctionnement. Sortir de ce mécanisme ne se fait pas sans douleur, comme le montre le film, et ne peut non plus s’opérer comme par magie du jour au lendemain.

A la vision de ce premier film, il faut néanmoins reconnaître à Pierre Godeau, la capacité à donner à voir l’angoisse diffuse du personnage au travers des situations de vie, souvent d’apparence anodines mais chaque fois révélatrices et décisives. Il parvient au final à nous ancrer dans ce vécu en nous dévoilant du même coup un trajet intérieur au travers une mise en scène fragile et lyrique parfois un tantinet maladroite, mais incontestablement touchante et emplie d’une poésie qui ne se trouve pas ailleurs que dans l’existence elle-même. Un regard plein de recul et d’indulgence qui fait du bien.

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