Promised Land

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Gus Van Sant surprend toujours par sa capacité à s’approprier un récit au travers d’un cinéma sensible, ici il le prouve encore une fois par la diversité de ses sujets. Et l’émotion et l’atmosphère poétique singulière qu’il sait si bien insuffler et qui parcoure toute son oeuvre est toujours là.

Encore une fois avec Promised Land, il choisit de placer son personnage face à un dilemme entre « bien » et « mal » sans jamais être toutefois dans une posture simpliste et manichéenne, au contraire ; il nous force à réfléchir au delà de la tyrannie du bien et du mal et à se pencher sur les vrais problèmes. En ce sens, il se trouve davantage du côté de l’éthique que de la morale et sans doute davantage du côté de la psychologie que du politique ou du moins il pense le second aspect d’après le premier.

C’est ici la question du déracinement de l’homme par l’économie qui est interrogé et en ce sens la controverse soulevé par le film porte sur l’importance de l’authenticité et de ne pas réduire la vie à sa seule matérialité. Et c’est aussi la question de l’identité qui est en question : ces américains sont nés dans ces terres et veulent au fond les transmettre à leurs enfants plutôt que leur offrir l’american dream.

Matt Damon, qu’il connaît bien depuis qu’il l’a dirigé dans Gerry, long-métrage dans lequel il dégageait déjà une belle sensibilité, a encore pris de la maturité dans son jeu d’acteur avec son beau corps terrien. Quant à France McDormand, quinquagénaire pimpante qu’on a l’habitude de voir dans des comédies, est délicieuse et formidablement crédible dans ce rôle conflictuel à compromis : entre mère aimante voulant donner le meilleur à la chair de sa chair et employé d’une société qui tend à arracher quelque chose d’originel.

Gus Van Sant aime ce genre de personnages et de situation : pris entre les limites de l’éthique et des impératifs vitaux, de la vie et de la mort (réel ou symbolique) et il a une réelle façon de les sublimer et les rendre intelligibles en les donnant à voir davantage qu’à penser au travers des évènements.

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Une réflexion au sujet de « Promised Land »

  1. Complexe ce Promised Land, certains le trouvent juste et nuancé, d’autres, comme moi, le trouvent manichéen et démago, voir guimauve. Je l’explique http://bit.ly/1cKhauA : de nombreuses scènes m’ont déplus et l’impression de voir le gentil fermier et le méchant industriel m’a irrité. Tu comprendras mieux mon point de vu en lisant mon article. Belle critique.

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