Augustine

Dès le générique, on entend la voix de Soko qui fredonne sensuellement et énigmatiquement un petit air indéfini ; tel le chant d’une sirène pour appeler non pas le marin mais Charcot, le grand patron de la Salpetrière qui soigne des femmes qu’on suppose atteintes d’hystérie.

L’angle du film est intéressant car nul doute qu’Augustine ait besoin de soins dans son état ; corps à demi paralysé et paupière close et elle n’est pas non plus hospitalisée contre son gré, le poncif de l’hôpital méchant et le manichéisme habituel patient maltraité/ vilain médecin nous est évité.

Alice Winocour signe donc un très beau premier film qui bénéficie d’un casting pertinent et porte en effet un regard nuancé sur la chose, sans jugement et s’attache plutôt à l’esthétisme et la dimension psychologique de l’histoire qu’elle raconte ainsi que la relation aux limites affectives ambiguës entre un médecin et sa patiente.

Chiara Mastroianni incarne la femme froide et intellectuelle de Charcot en contraste avec la jeune Augustine, séduisante et avec un côté animal et spontané. D’abord intrigué médicalement par elle et ses crises impressionnantes, Charcot ne tarde pas à être séduit par sa jeune patiente qui se démarque des autres, même s’il tente de cacher son attirance derrière un intérêt médical.

L’érotisme est constamment sous-entendu dans les plans, comme de multiples clins d’oeils malicieux et aguicheurs. Il atteint son paroxysme métaphorique dans une scène très belle où Augustine et le médecin calinent le singe de ce dernier. « Je n’ai pas peur » dit Augustine lorsque Charcot lui donne des recommandations pour approcher l’animal.La scène monte en intensité érotique jusqu’à ce que Charcot mette le holà quand il s’aperçoit de la tension sexuelle indéniable que recèle le petit jeu.

Finalement et en dépit de ses efforts, il ne pourra pas résister à cette femme qui représente ce qu’il n’est pas et ce qu’il n’a pas. Une étreinte après la guérison d’une maladie dont on ne sait pas si c’en est vraiment une. La seule certitude c’est que les corps s’expriment malgré les entraves et obstacles rencontrés.

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