The secret

Pascal Laugier a déjà prouvé sa virtuosité avec le très trash, très controversé et finalement très beau et fort, Martyrs, il semblerait qu’il ait en effet quelque talent pour réunir beau et terrible avec une intuition quasi rilkienne et joliment inversée (« le beau est toujours le commencement du terrible »). Du beau certes et surtout du questionnement humain et de la souffrance (qui va bien au delà du questionnement éthique) dans le cas de Pascal Laugier, on peut clairement considérer que c’est la motivation et la ligne directrice de ses trois films.

Le voici donc de retour sur la scène du cinéma de genre avec une production franco-américaine intitulée The tall man en version originale, et plus mystérieusement, The secret en version française.

Je pense qu’il est difficile de faire une bonne critique de ce film sans dévoiler un peu l’intrigue mais je vais essayer tout de même. Signalons d’emblée qu’il évite les poncifs, suit son propre cheminement avec foi et assume un propos non conventionnel ainsi que sa french touch. Voilà déjà quelques bon points.

Au niveau de la forme, le film ne souffre d’aucune longueur, obéit rigoureusement à une structure ternaire qui s’avère efficace ; la première partie a été dédiée à l’action (assez jouissive ici), la seconde sème la confusion dans l’esprit du spectateur même si celle-ci n’est pas totale et nous guide quand même vers la vérité plutôt surprenante et qui nous laisse songeurs et quelque peu ennuyés mais pas profondément bouleversés ou choqués comme cela avait été le cas pour Martyrs. Ici les choses sont moins radicales, du moins en apparence car au fond Pascal Laugier n’a rien perdu de sa puissance subversive, de sa capacité à questionner la morale avec une révélation finale aussi touchante qu’osée avec cette touche de sincérité et de nostalgie qui lui sont propres et donnent évidemment de la profondeur à son propos.

Bien qu’en deçà de Martyrs en terme de choc émotionnel, The secret est donc très bon et singulier malgré son apparence de film de genre banal (ne serait-ce que par l’affiche), on appréciera également la performance de Jessica Biel et de la jeune Jodelle Ferland (photo ci-dessus).

Une histoire entre mutisme et aveu, peut-être inavouable, mais peut-être pas, à vous de voir…

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