Confession d’un enfant du siècle.

Peter Doherty en dandy désœuvré à la fois sentimentalement torturé et bourreau des cœurs déambulant dans les opéras et les soirées libertines, l’expression du mal du siècle en personne qu’Alfred Musset avait su décrire avec force et talent dans une auto-biographie romancée du même titre, mais ici, pour notre plus grand regret, le film brille par son absence totale de propos et de structure.

Il faut bien l’avouer : l’affiche ne paie pas vraiment de mine et pourtant Mister Doherty s’approprie tout de même son rôle de façon pour le moins correcte aux côtés de Charlotte Gainsbourg alors qu’on pouvait attendre le pire de cette jeune star du rock légèrement has-been sans expérience en tant qu’acteur. Il faut dire qu’il colle assez bien au personnage.

Hélas ce n’est pas suffisant, car hormis de trop nombreux discours avortés sur l’amour de la part d’un jeune homme qui semble être trop en devenir lui-même pour porter un regard mature sur son vécu et sortir quelque chose de pertinent, il n’y a pas grand chose à retenir de profond ou poignant de cette confession monocorde de plus de deux heures.

Ce n’est donc que l’expression maladroite et immature de la souffrance amoureuse sous sa forme la moins évoluée, des saynètes qui s’enchaînent de façon intempestive et répétitive sans jamais atteindre une réelle profondeur dans le propos esquissé finalement assez timidement, on constatera non sans déception que dans ce film il ne s’est absolument rien passé en deux heures et il ne s’avère être rien d’autre qu’un bon casting avec une musique et des costumes agréables mais certainement pas un film inoubliable juste l’expression laborieuse et lente d’une douleur apparaissant finalement comme superficielle, de la maladie, de la mort, de l’amour (surtout de l’amour d’ailleurs et du non-amour), de la vacuité, du désespoir et de l’ennui. Ce dernier est malheureusement communicatif au spectateur, peut être le seul sentiment que le film parvient à transmettre d’ailleurs, car même au travers de toutes ces thématiques brassées, les chroniques languissantes du jeune Octave, malgré leur sincérité manifeste, sont bien trop banales et plates pour réveiller la moindre passion.

La réalisatrice aura probablement manqué d’ambition et d’audace dans la mise en scène et l’adaptation. L’interminable et molle errance d’Octave s’achève enfin sur une conclusion à l’image du film ; assez faible et vaine et adaptée littéralement (bien que traduit de l’anglais) de l’unique roman du poète :

« On n’est souvent trompé en amour, souvent blessé ou souvent malheureux, mais au moins on se dit, j’ai aimé ».

Hum…merci infiniment pour cette pensée profonde…

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