Comme un homme

Le nouveau film de Safy Nebbou, spécialiste pour mettre en scène des drames mettant en scène des jeunes gens et se placer en fin observateur des traumatsimes enfantins à qui l’on doit notamment Le cou de la girafe et L’empreinte de l’ange. Ici il récidive en nous présentant un film noir qui est avant tout l’histoire d’une relation complexe entre un père et son fils avec quelques spectres de drame familiaux anterieur.

Beau garçon brun aux longs cils répondant au doux nom de Louis, fils du proviseur et plutôt doué en littérature (on le verra notamment briller sur le vers d’un poème d’Apollinaire avec une touche de mysticisme), tout le destine à la prestigieuse prépa littéraire parisienne, Henri IV comme le souhaite son père dont il est l’enfant unique et chéri.

Il choisit pourtant une voie plus sombre et incontestablement moins conventionelle…

En s’associant à la pire racaille de son lycée dans la capture d’une professeure, un  jeune homme voyou et perdu pour lequel il semble en outre avoir une véritable affection(bien sûr au desespoir de son père qui souhaite virer de son établissement ce « mauvais élément), il atteint rapidement le point de non retour et se condamne à commettre l’irréparable en aggravant une situation qu’il n’a pas choisie directement mais à laquelle il a pourtant consentie par amitié, une amitié très forte qui, comme beaucoup d’autres éléments du film, reste assez floue au niveau des sentiments véritables de Louis à l’égard de ce garçon.

Bien sûr tout ne se passe pas comme prévu : les drames s’enchaînent, Louis se retrouve seul et doit affronter une situation gravissime et impensable, pour le jeune lycéen qu’il est, en gardant  néanmoins la tête froide.

La richesse du film réside dans cette ambiguité bien/mal autour du protagoniste sur le visage duquel se dessine parfois un pâle sourire dans les pires moments, entre les crises d’angoisses et de larmes : a-t’il un côté sadique malgré sa douceur apparente? Est-il prêt à tout pour s’écarter d’une voie toute tracée par son père bienveillant? Prend t’il plaisir à cette situation malgré tout par le sentiment de contrôle que cela lui confère?

Aucune réponse tranchée, juste des pistes qui nous font voir les choses différemment en opérant peu à peu un glissement dans le point de vue donnée au spectateur sur l’intrigue.On nous dévoile peu à peu quelques traumatisme présents chez Louis, comme si nous menions une enquête sur ce garçon mysterieux.

L’autre point fort est la relation père/fils très réaliste (et pour cause ; les deux acteurs ont le même lien de parenté dans la « vraie vie ») offrant tout deux une belle présence.

Au final, Comme un homme est une adaptation convenable du roman de Boileau-Narjesac intitulé L’age bête et un film noir honnête et assumé comme tel bénéficiant en plus d’une belle interpretation.

Cependant malgré ces qualités il lui manque malheureusement un peu plus de « twist » pour nous faire réellement vibrer et ne pas donner un sentiment de « déjà vu » qui laisse entrevoir clairement les faiblesses du scénario qui se repose trop sur les acteurs et de belles prises de vues.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s